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Alain Perrin

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Quel regard portez-vous sur votre carrière d’entraîneur de clubs français ?

J’ai globalement de bons souvenirs. J’ai connu une belle aventure à Troyes en participant à
la construction du club, du milieu amateur au milieu professionnel, en passant par le maintien en Ligue 1 et la victoire en Coupe Intertoto. Ensuite, il y a eu de grands clubs, des titres avec
Sochaux et Lyon, et des matches de Coupes d’Europe. Etant en réussite, j’ai eu la chance d’être toujours sollicité et je n’ai quasiment pas eu de “trous” dans ma carrière. C’est un luxe de pouvoir choisir et d’être demandé.

Vous êtes également passé par l’étranger...

Question de circonstances. Dans mon esprit, je pensais entraîner en Afrique francophone, au Maghreb, mais ça ne s’est finalement pas fait. J’ai toujours eu envie de voyager et de découvrir d’autres cultures et le football m’a permis de réaliser cette soif de découvertes. Je suis ainsi passé par les Emirats Arabes Unis et le Qatar parce que j’étais libre à ces moments-là.Il y a eu également Portsmouth en Angleterre en “Division One”, l’équivalent de la Ligue 2. Malheureusement, on m’a “savonné la planche” pour prendre ma place. J’ai connu, durant quelques mois, la passion du football anglais. C’était un club très populaire avec beaucoup de
supporters et de ferveur comme à Marseille et Saint-Etienne où je suis également passé.

Vous insistez souvent sur le projet de vie...

Oui car je fais un choix sportif lorsque je signe dans un club, mais aussi un choix de vie. Je ne veux pas notamment partir seul et laisser ma compagne. Il faut donc que toutes les conditions soient réunies.Au-delà de ça, on constate pas mal de changements en cours de saison et du coup, les places disponibles en début d’exercice sont plus rares et il faut donc parfois s’expatrier.

Dans quelles conditions êtes-vous arrivé en Chine ?

Cela s’est passé par l’intermédiaire de mon ancien préparateur physique de Troyes, Christian Jahan, qui a exercé en Chine. Il connaissait un interprète chinois en liaison avec la Fédération
et le contact s’est établi ainsi. J’ai été auditionné une première fois à Francfort en Allemagne, en compagnie d’autres candidats et j’ai été retenu pour un deuxième entretien à Pékin. Mon profil d’entraîneur mais aussi de formateur a séduit les dirigeants qui m’ont alors proposé le poste de sélectionneur.

Comment jugez-vous les infrastructures ?

Elles sont superbes avec de grands stades dans chaque province.Il faut savoir qu’une province chinoise correspond à un pays européen.Il y a donc des structures de haut niveau un peu
partout puisque la Chine dispose d’importants moyens financiers. En revanche, le football n’est pas encore très populaire.L’équipe nationale a du mal à faire le plein même si nous sommes passés de 17 000 à 25 000 spectateurs de moyenne. Lorsque le Brésil a affronté ici l’Argentine, il y avait 80 000 personnes.Les Chinois aiment beaucoup le show-business et les grands joueurs.

Qu’en est-il justement des joueurs chinois ?

On peut compter sur de bons éléments, travailleurs et collectifs mais on constate avec mon adjoint, Ali Boumnijel, un manque de formation et un déficit de puissance athlétique.
D’autre part, les postes clés en défense centrale et en attaque sont occupés par des étrangers en championnat et du coup, nous avons une pénurie dans ces secteurs du jeu en sélection nationale. Le choix est mince. Nous allons disputer du 9 au 31 janvier la Coupe d’Asie des Nations en Australie et ce ne sera donc pas facile pour nous. Notre premier objectif sera de sortir de la poule comprenant trois adversaires de valeur : l’Arabie Saoudite, l’Ouzbékistan et la Corée du Nord. Les équipes sont très proches les unes des autres en Asie et la hiérarchie est mouvante. Tout peut donc arriver.

Quels sont les objectifs fixés par les dirigeants ?

Figurer dans le dernier carré avec des critères de qualité de jeu. Comme toujours, cette compétition sera un couperet et mon avenir en Chine dépendra des résultats.

Suivez-vous toujours la Ligue 1?

Un peu moins car avec le décalage horaire de sept heures, je ne peux voir les matches en direct, mis à part celui du samedi après- midi. Mais je suis les résultats et me tiens informé. Ce qui ne veut pas dire que je souhaite retourner en France. Je ne pense pas que je reviendrai dans un club français. Il ne me reste que quelques années sur le banc et j’ai toujours envie de découvrir d’autres horizons. On verra bien. En attendant, j’espère rester en Chine.

Un dernier mot sur l’ UNECATEF ?

Il faut saluer le travail effectué pour les entraîneurs sans emploi et la défense de leurs intérêts. A ce propos, il y a parfois des places en Chine. D’ailleurs, Francis Gillot vient d’arriver à Shanghai après Philippe Troussier à Hangzhou. Entre Français, on peut créer un climat propice à l’expatriation dans ce pays.

 

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