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Gilles Hugon

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"un beau challenge"

Gilles Hugon, formateur dans l’âme s’est tourné vers le continent africain où il a trouvé un champ d’expression conforme à ses aspirations. Après le Cameroun, il officie désormais à Madagascar auprès des jeunes.

Quel est votre parcours de joueur et d’entraîneurs,
J’ai évolué au niveau ligue en seniors après un passage en U17 nationaux à Avignon e dans le club de district de mon village ne jeunes ( de 6 à 17 ans). J’ai commencé à entraîner des équipes de poussins et débutants dès mes 18 ans dans ce même club de l’Olympique Barbentanais.  J’ai passé mes diplômes (BE 1 et DEF) pour pouvoir continuer à entraîner (jeunes en district, U 17 ligue, 14 ans fédéraux).
A quel moment avez-vous décidé d’exercer à l’étranger et pourquoi ?
L’étranger est venu un peu par hasard. J’ai eu deux expériences au Cameroun en 2002-2004 et 2010-2011 où j’ai exercé dans une académie de jeunes (KSA) et dans des clubs de D1 : Mont Cameroun de Buea et le dernier en date les Astres de Douala. Je suis parti au Cameroun en 2002 car j’avais un point de chute là-bas et les diplômes français étaient reconnus (BE1 à l’époque). J’ai démarché les clubs sur place. J’y ai trouvé ce qui me convenait : exercer ma passion dans un pays qui cherchait à développer son football. Depuis l’envie de travailler à l’étranger ne m’a plus quitté.
Comment êtes-vous arrivé dans l’Ile de Madagascar ?
Suite au programme DMVE de l’UNECATEF, le responsable Foot-Expat, Didier Christophe savait que j’étais disposé à repartir pour un nouveau challenge à l’étranger. Quand l’offre est parue sur le site de l’UNECATEF, j’ai posé ma candidature. Après un entretien début juillet avec le président Joël Muller, Didier Christophe, Jean-Pierre Doly et le responsable FIFA de ce projet à Madagascar, Jean-Michel Benezet, j’ai été choisi et j’ai débuté le 1er Août.
Quelles sont vos conditions de travail ?
J’occupe le poste de directeur technique de l’académie nationale de la Fédération Malgache. Nous travaillons entre le modèle d’un centre de formation et celui d’un pôle espoir avec 20 jeunes de 15 à 17 ans, logés et scolarisés au centre d’entraînement. J’ai deux coachs adjoints et un coach des gardiens dans mon staff. Les conditions de travail et le matériel à ma disposition sont corrects, voire même très bons à l’échelle  africaine (terrain synthétique nouvelle génération et matériel didactique selon mes demandes). La différence avec la France, c’est que nous ne disputons pas de championnat. Donc on recherche des rencontres amicales pour jouer chaque samedi.
On ne connaît pas le championnat malgache. Quelles sont ses caractéristiques ?
C’est assez compliqué. Le championnat se passe en plusieurs phases dues à la grande taille du pays. Il y a trois étapes, avec un premier championnat régional (22 régions). Chaque région à son club champion qui la représente pour la 2ème phase (3 clubs pour la région d’Antannarivo). Cette 2ème phase comprend quatre groupes de six équipes, puis les clubs finissant 1er de leur groupe disputent la « poule des as » (championnat à 4 en match aller-retour). Seuls les clubs de la capitale sont structurés et concentrent les meilleurs joueurs du pays. Le niveau de jeu est correct et va s’améliorer grâce à la construction de nouveaux gazons synthétiques.
Qu’en est-il des qualités des joueurs malgaches ?
Les qualités des jeunes de mon groupe découlent du morphotype malgache (assez petits) et sont  principalement la vivacité et la technique qui compensent un certain déficit physique. Les enfants ont, en plus une bonne marge de progression, car la formation dès l’âge de 5 ans que nous connaissons en Europe n’est pas possible ici. Ils ont donc un déficit dans la formation de base que nous essayons de combler.
Qu’est ce qui vous a surpris ?
La volonté, le sérieux des enfants qui sont demandeurs d’exercices ou de domaines qu’ils ne connaissent pas (jeux réduits à thèmes, combinaisons sur les coups de pieds arrêtés, travail physique dans des jeux avec ballons, renforcement musculaires en salle…). Les habitudes culinaires sont particulières. Les enfants (surtout ceux de province) mangent du riz sous toutes ses formes aux trois repas de la journée. J’ai convaincu la cuisinière de préparer progressivement plus de pâtes et qu’au petit déjeuner ils mangent au moins une fois sur deux du pain, un fruit et une boisson chaude avec du lait.
Y a-t-il d’autres entraîneurs français à Madagascar ?
Non, aucun compatriote (ndlr – des français occupé le poste de sélectionneur à l’image de Jean-Paul Rossignol en 2007, Hervé Arsène en 2007-2008, Jean-Paul Rabier en 2010-2011 et Auguste Roux la saison dernière).
Un petit mot sur l’UNECATEF et sur son rôle ?
L’UNECATEF est une force pour les entraîneurs et joue un rôle fédérateur. Le syndicat permet aussi davantage d’échanges entre les entraîneurs et, plus personnellement il m’a permis grâce à DMVE une remise à niveau en informatique et en anglais, et j’ai fais du média training. Enfin grâce au réseau Foot-Expat, j’ai pu retrouver ce poste.
La France vous manque-t-elle ?
Le challenge ici est passionnant et j’ai peu de temps pour me languir de la France. Mais ça fait du bien de faire un break et de revoie ma famille et mes amis lors des fêtes de fin d’année.  
    
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