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Pascal Janin

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 Pascal Janin, l'Africain

Après 15 ans de carrière en tant que gardien de but, Pascal Janin a occupé les postes d’entraîneur de jeunes, d’entraîneurs des  gardiens, d’adjoint, d’entraîneur principal. Suite à une période de chômage. Il a pris les rênes du club malien de Bamako au Mali. Avec à la clé, un titre de Champion !
J’ai été contacté par Didier Christophe, responsable de la cellule Foot Expat de l’unecatef qui m’a expliqué qu’un club africain cherchait un technicien. Il m’a mis en relation avec le président Sidibé Boukari du Club Malien, le plus grand du pays. Je n’avais  jamais eu d’expérience à l’étranger et le challenge m’a tenté. Ca s’est tout de suite bien passé, même si je dois avouer que j’ai eu peur à Noël, au moment de revenir en France, quand la guerre a éclaté. J’ai appris après coup qu’a 24 heures près, les rebelles auraient marché sur Bamako.
A mon arrivée ici, pour être honnête, tout m’a surpris et ne savais pas si je pourrais tenir. C’est un vrai choc. Tout est différent, les gens, la culture, les odeurs, les routes, les conditions d’entraînements. En France, tous les clubs de DH ont de meilleures installations. Par contre j’ai un groupe de joueurs absolument attachants. Ils se mettent minables à l’entraînement comme e, match. Une anecdote : tous mes joueurs ou presque ont une moto, pour ne pas se la faire voler, il la gare dans les vestiaires. La première fois qu’on voit ces quinze engins posés là au milieu avec l’odeur de gazole, ça fait tout drôle.
Finalement on s’habitue et c’est devenu mon quotidien. Je me suis adapté, même si ce n’est pas évident d’être loin de sa famille. Ce qui est plaisant c’est qu’ici, en tant que technicien numéro un du club, j’ai vraiment les pleins pouvoirs sportifs. Comme les résultats suivent, l’intégration est plus facile. Les gens m’aiment bien et me disent bonjour en ville. Au début, je me faisais arrêter sans cesse par la police, avec à chaque fois un petit bakchich.  Aujourd’hui les mêmes policiers me saluent. On a essayé de mettre en place un jeu moins direct que ce qui se fait habituellement en Afrique, en posant le ballon au sol, ça plaît au public.
Sportivement tout va bien. Nous avons réalisé une belle saison (ndlr : le club a été sacré Champion du Mali 2013). Malheureusement nous avons été éliminés de la ligue des Champions d’Afrique par les Camerounais de Coton Sport et avons été reversés en Coupe de la Confédération, l’équivalent de la Ligue Europa. Nous avons battu des Brurundais (5-0, 1-0) pour atteindre la phase de poules.
Je me suis mis d’accord avec le président pour une reconduction d’un an de mon contrat. Je suis content d’avoir mis un pied en Afrique. Si la saison suivante est aussi bonne, mon nom va commencer à circuler sur le continent. On m’a découvert cette année et je pense avoir marqué des points. Personne ne me connaissait. Au contraire, et je l’ai vu avec des collègues, je sais qu’un retour en France serait compliqué.   

 

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