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Témoignages 2016/2017

Stéphane Mahé : DMVE 13

« J'ai été formé à Auxerre où j'ai passé une grande partie de ma carrière en remportant la Coupe de France. Ensuite, j'ai voulu ouvrir une porte pour me per- mettre de voir un peu plus haut et toucher l'Equipe de France. Je pense que je n'étais pas très loin des Bleus et je suis parti à Paris. Finalement, ça ne s'est pas très bien passé et je n’ai pas réussi à percer.

Même topo à Rennes et j’ai fini par m’expatrier en Ecosse au Celtic Glasgow où j’ai rem-porté de nombreux titres avant de finir à Edimbourg en 2003. A l’époque de mon arrivée en 1997, il y avait peu de Français à l’étranger et j’étais le premier à signer au Celtic. J'avais quelques à priori sur le niveau du championnat écossais mais j'ai découvert un grand club. Les grands clubs, ce sont ceux qui ont une histoire. On entre dans le stade du Celtic Park et là ça y est, on est impliqués à fond. Même sensation quand on découvre le musée du club avec tous les Trophées. C’est impressionnant 
et on a instantanément envie de faire partie de cette histoire et de mouiller le maillot. D’ailleurs, les derbies contre les Rangers étaient vraiment extraordinaires au niveau de l’intensité et de l’ambiance. Je suis heureux d’avoir vécu cette expérience, des moments intenses en termes d'émotions.

Quand je parle d’émotion, je fais référence en particulier aux supporters, à l'amour que ces gens-là ont pour leurs joueurs. Cette dévotion est très agréable et valorisante. 
A la fin de ma carrière, j’ai tenté l’expérience sur le banc dans des petits clubs de niveau régional en Ligue d’Atlantique à Saint-Nazaire, Saint-Père-en-Retz, Saint- Aubin et à la Madeleine de Guérande. J'ai donc un parcours de 13 ans qui se limite au monde amateur. J'aspire aujourd’hui à entraîner un peu plus haut après avoir passé mes diplômes et je cherche un bon projet sportif.La formation DMVE devrait m’aider à rebondir. »

Amandine Miquel : DMVE 13

“Je suis d’origine espagnole et j’ai essentiellement joué à l'étranger ayant des parents expatriés. Mon parcours a débuté au Mexique à l’âge de 6 ans avec les garçons jusqu'à ma douzième année. Ensuite, mutation en Angleterre, de 12 à 17 ans à Londres, et c'est là que j’ai découvert le football féminin à Chelsea en jeunes avec une bonne promotion de joueuses avec qui on gagnera la Coupe des 17 ans. Le foot féminin à l'époque était plus développé qu’en France avec des académies comme des centres de formation.

Puis je suis partie à La Réunion. 
J'arrive alors à 17 ans, je viens de gagner la Coupe d’Angleterre avec des joueuses de haut niveau et je me retrouve sur une île où le football féminin est vraiment embryonnaire avec un championnat d'un niveau très bas. Crise d’adolescence oblige et rébellion familiale, je fais en sorte de revenir en Métropole et je signe à Juvisy en 2002. J’ai alors 19 ans et je me retrouve aux côtés de Sandrine Soubeyrand et Marinette Pichon entre autres. J'ai fait une saison et ça s'est arrêté là, les deux années passées à La Réunion m'ont mentalement et physiquement stoppée. Je n'ai pas eu le mental pour accrocher le wagon et puis j'ai une famille qui a beaucoup insisté sur les études. Je me suis donc inscrite à la fac d'anglais pour être prof. Finalement, je me suis rendu compte que la passion était plus importante et j'ai entamé mes démarches pour devenir entraîneur. Peut-être pour compenser la déception connue en tant que joueuse. 

Depuis 2008, J'ai passé les diplômes d’initiateur 1 jusqu'au Brevet d'Etat, BMF puis DES tout en entraînant des jeunes puis des seniors féminines. Mais les diplômes, c'est une chose et la compétence une autre. Les réseaux représentent 80 % de la réussite. Le fait de ne pas avoir joué longtemps en France me désavantage par rapport aux autres filles possédant un réseau et des contacts pour trouver des clubs, même si ce n’est pas facile pour toutes les femmes. Moi je suis inexistante 
dans ce réseau parce que je connais davantage de joueuses anglaises. J’ai tout de même exercé à Niort. Je ne connaissais personne, j’ai été recrutée sur mon CV en tant que responsable technique de la section féminine. J'avais un contrat d'une saison et on n'a pas poursuivi. A mon avis, il n’y avait pas de réelles intentions de développer le foot féminin. J'aurais pu y rester mais mon ambition aujourd'hui est de réussir en tant qu’entraîneur et aussi de faire le bon choix sur les clubs, peut-être gagner moins mais travailler sur de vrais projets.

DMVE me permet ainsi de me constituer un réseau. La formation est très enrichissante, peu importe son niveau, on y trouve son compte, que l’on soit débutant ou expérimenté. Désormais, je me sens plus armée pour entraîner à un bon niveau. Il faut féminiser le foot français, mais ne pas mettre des femmes n'importe où, n'importe quand, simplement pour remplir une case. Les clubs doivent nous solliciter y compris pour coacher des hommes. 
À part Corinne Diacre à Clermont en Ligue 2, c’est le désert. Même en D1 Féminine, il n’y a qu’une femme sur 12 clubs ! Je connais des coachs masculins exerçant dans le foot féminin sans vocation mais par dépit. C’est regrettable car ils occupent des postes que l’on pourrait avoir. Il faut que les mentalités changent et que l’on nous fasse confiance. “ 


Claude Barret : DMVE 13


« J’ai toujours joué en pro en Ligue 1, de 1981 à 1990 à Auxerre, puis à Nancy durant un an et demi. J’ai connu de grandes émotions, notamment en Coupe d’Europe, comme un match inoubliable à San Siro face au Milan de Paolo Maldini. 

C’était impressionnant. On avait perdu (3-0) mais cela reste un moment fort de ma carrière qui s’est hélas achevée sur une grave blessure. J’ai alors passé mon diplôme d’entraîneur, et de 1994 à 2014, j’étais à l’AJA, où j'ai enchaîné plusieurs postes, entraîneur de l’équipe C, formateur, adjoint de plusieurs entraîneurs en équipe première, aux côtés de Daniel Rolland, Jean-Guy Wallemme, Bernard Casoni. 

J’ai appris le métier avec Guy Roux et Daniel. Aujourd’hui, je suis la formation DMVE. C'est surtout pour ne pas rester à la maison à ne rien faire. Il y a une superbe ambiance, on se retrouve tous ensemble, on se remonte le moral quand il y en a un qui ne va pas trop bien. On apprend plein de choses, comme l’anglais du foot, l’informatique. Je ne suis pas très performant dans ces domaines donc c'est très intéressant pour moi. Ensuite, il faudra que je me mette à la recherche d’un poste d’entraîneur. 

Ces postes sont rares, on sait que c’est très difficile de trouver, mais il faut s’accrocher. Et s’il faut partir à l’étranger pour pouvoir exercer, je tenterais peut-être l’expérience. » 

  

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